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Chasse

Au chat : « J’accepte que tu chasses les souris mais pas les oiseaux ! ». Je le lui ai dit et pourtant, hier, il en a ramené un, agonisant. Le reste de la journée s’est passé en palabres et miaulements ; pour finir, donc, j’ai amicalement poussé le chat à passer la nuit dehors. Il l’a fait. Aujourd’hui, ce ne fut, de sa part, que tentatives de réconciliations et ce n’est qu’encouragé par mon indifférence, qu’il a fini par s’endormir. Alors, sans doute, a-t-il réfléchi et son sommeil, sans doute aussi, lui fut bon conseiller. Arriva, donc, l’heure de la négociation…

Le chat gagna le grenier, grimpa sur la charpente, y dénicha un joli trophée ! Il l’exposa un long moment au centre de la pièce. Le chat avait trouvé qu’une chauve-souris nous conviendrait à tous les deux ! Poussé au dépourvu, que dire ? que faire sinon pousser vers la nuit, dehors, la proie qui ayant rejoint les hauteurs de la pièce, à présent, me surplombe !
Un de ces soirs

Les chauves-souris volent bien bas ! Elles sont deux… Elles entreraient ? Partez !
Là-bas, on fête.
Derniers rejetons de la maison qui a pris la poussière, je vous ai chassés !
J’attends la tempête prochaine : elle me fera douter d’avoir apprivoisé les lieux...
Bric à brac
 
Son atelier, on croirait la boutique d'un antiquaire ! Un de ces lieux où prédomine, dit-on mal à propos, un grand capharnaüm ! Des objets hétéroclites y sont amoncelés, arrivés-là à la faveur d'une liquidation, d'une transition, d'une acquisition. Son atelier ? C'est un entrepôt dans lequel des « signes » s'accumulent parfois ; dans l'empressement, ils n'ont pu être répertoriés et sans étiquette, sans prix, ils demeurent dans l'attente d'être triés, sériés, que leur valeur soit établie... Mais cette dernière, comment la définir ? Les objets sont les gardiens, les témoins patents d'histoires et coupés du contexte qui a vu leur émergence, qui leur a donné du sens, ils s'en remettent chez le brocanteur au hasard autant qu'au regard avisé qui les préservera tout en les convertissant.
Doux moments
 
Il arrive qu'on parvienne à récupérer ce qui paraissait pouvoir l'être le moins. C'est ainsi qu'aujourd'hui, les catastrophes s'enchaînant (il est inutile de les nommer, nous savons tous en quoi elles consistent), je fus conduite à rétablir autour de moi, sans en avoir eu le dessein, l'ordre et la propreté. Je n'en suis pas fâchée !
Désordre
 
Nous sommes toujours la marionnette d'un autre ; sous le masque, un autre masque encore... Les êtres sont ensemble, nécessairement, et les fils, confusément se mêlent, les visages aussi. Brouillage. « Qu'est-ce qui m'anime ? », objecte-t-on humblement.
« Par derrière ou par devant », Marie Josée Neuville, à propos !

Tandis qu’au cœur de l’adversité, je suis en train de lutter, un vieux couplet sur les sentiments et leurs mots me revient à l’esprit et l’occupe enfin presque entièrement : « L’amour et l’exception qui nous font dire "par derrière "/ Des choses aussi jolies que celles qu’on dit [...] » . Je suis en droit de penser que mon esprit me convie ( par devant ou par derriere ?) à lâcher un peu le morceau… cela est vrai sans doute mais en partie.
     Le message que mon cerveau me transmet doit être analysé dans son contenu, je le reconnais, mais aussi dans sa valeur indicielle. La rengaine cache « par derrière », donc, le super-texte auquel elle appartient en même temps qu’elle m’invite à le consulter. Que fait la chanson ? Elle met en mots les relations humaines : « Que de recommandations m’a-t-on faites « par derrière »/Lorsque devaient m’être présentés « par devant »/Des fripouilles des brigands m’assurait-on « par derrière »/Mais qu’amicalement on appelle vieux frère « par devant »...
Je ne l'entends plus
 
Agenouillée, les coudes appuyés sur une pièce de bois évasée, retournée, la tête dans les mains, Sonia n’attend pas qu’on lui réponde. Simon, cependant, qui lui fait face, tout à coup malicieux, se soulève, retrouve toute son éloquence :

« Cette asymétrie dans le visage avec l’âge ! Regarde le chat, quel équilibre !
— Il est jeune.
— Ta paupière tombe. Cet œil se ferme, celui-là est grand ouvert.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Le regret, la pétulance ! Joints...
— Disons que c’est vrai… À côté de ça, je voudrais renouer... Qu’est-ce que j’ai fait de ma voix ? Et cet accent dans lequel je me ramassais et qui roulait... »
 
"Le sage ne pas comprendre"

Le « sage ne pas comprendre », ça brinquebale dans ma tête depuis si longtemps ! Je ne sais plus à qui ça appartient. Victor Hugo ? Rilke. Je m’en souviens, à présent… Impossible celui-là de l’imaginer autrement qu’en jeune homme. Et pourtant, il nous en donne des indices de sa maturité, physique, s’entend : fatigue, usure… C’est qu’elle l’accable, mais elle n’est pas la seule. Un culte, un vrai. Ce Rilke ! Je l’ai immortalisé !

Le « sage ne pas comprendre », ça résonne aussi avec un truc que j’ai fini par apprendre par cœur : « Le mieux était de ne rien dire [...] ». C’est donc comme ça que j’ai reçu l’injonction de me taire, par la chansonnette. Quoique, ça veut bien dire aussi le contraire de ce que ça dit ! Je ferais bien de ne pas trop obéir… Dans le fond, c’était ouvert, j’avais le choix. Pour eux, des deux sens, je prendrais celui qui me conviendrait. Pour moi, je m’arrangerais !

Finalement, la stratégie reptilienne, ce que j’appellerais le degré zéro, ça m’a donné une drôle d’idée du sens des relations humaines : je ne peux plus tout à fait le départir de celui de la dérision.



 
Points de suspension…

Ces mots que je ravale, noie, que je suspends, que je voile avec eux...

Sous des points, des invites à remplir de vos mots...

Ces mots informes, borborygmes, grognements signalent qu'il reste dans le silence...

une clé que le texte conserve sagement à l’écart de nous… dans ce lieu, à part soi, où chacun peut reprendre sa place,

grignoter ce qu’il a ravalé !

Parfois trois fois, rien ...

Mais pour tant de raisons...
 
 



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