À propos de Jane Eyre de Charlotte Brontë (Traduction et Préface d'Henriette Guex-Rolle, Cercle du Bibliophile, 1960)
Au chapitre XXXV du roman, sur le point de consentir à épouser le pasteur St John, Jane est attirée à l'extérieur de la maison par la voix tant espérée qu'elle croit entendre, celle de Rochester ; de ce fait, ainsi que sa décision, l'entretien qui retient l'héroïne, ce soir-là, auprès de son bel et austère cousin se trouve suspendu.
Au chapitre suivant, à l'aube, au lendemain de l'incident, s'apprêtant à quitter Moor House pour une visite à Thornfield qui l'informerait de l'état de son bien-aimé, Jane reçoit de St John, un billet. Ce dernier l'engage, en ces termes, à se maintenir dans le choix qu'elle allait formuler quand elle fut interrompue : « Pendant ces quelques jours, priez afin de ne pas céder à la tentation. L'esprit veille, je le crois, mais la chair est faible, je le constate. »
A ces mots, à mon tour, il me semble entendre des voix derrière celle de St John. Je ne sais à quel souffle, celui de l'auteur, de Jane ou du mien, je dois de lire-double, de lire-trouble en lieu et place de l'énoncé initial : « L'esprit est faible, je le crois, mais la chair veille, je le constate. »