
Quoique tout le monde sache aujourd’hui que « je est un autre », la petite question qui porte sur les liens qu’un auteur entretient avec les éléments de la fiction qu’il a produite semble néanmoins encore réellement indispensable. Je ne sais pas si le lecteur se met en quête d’éléments d’autobiographie parce qu’il en raffole comme de délicieuses impudeurs, ou s’il les craint comme s’il s’agissait d’impostures ! Cela dit, la question n’est pas dénuée d’intérêt. Celui qui ne douterait pas du caractère fictionnel d’un personnage déclarant, par exemple, devenir un chat, ne solliciterait sans doute pas les mêmes zones de l’imagination que celui qui en douterait. (Octobre 2018)